Gilles Kepel est un politologue et arabisant français reconnu pour ses travaux sur l’islamisme politique. Il a fondé le programme Moyen-Orient et Méditerranée à Sciences Po Paris en 2001. À lire également sur le même thème : Parker Schnabel : mineur, star du reality show et chercheur d'or

Le parcours académique et intellectuel de Gilles Kepel

Né en France, Gilles Kepel a étudié à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) avant de soutenir une thèse de doctorat à l’Université Paris-Sorbonne. Il a ensuite intégré le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), où il a dirigé plusieurs unités de recherche. Son approche mêle enquête de terrain, analyse politique et étude des textes religieux. Cette méthode a contribué à renouveler la compréhension du monde arabe en France. Il a également enseigné à l’École normale supérieure et à l’Institut d’études politiques de Paris, formant plusieurs générations de chercheurs et de diplomates. Les éléments biographiques et factuels sont rassemblés sur Gilles Kepel

Les ouvrages fondateurs qui ont marqué les études sur l’islamisme

En 1984, Gilles Kepel publie Le Prophète et Pharaon, une étude pionnière sur les mouvements islamistes en Égypte. Ce livre pose les bases d’une analyse qui deviendra sa marque de fabrique: lier idéologie religieuse et contexte social. En 1987, Les Banlieues de l’islam explore la place de l’islam dans les quartiers populaires français, un sujet alors peu traité dans le champ académique. Son ouvrage Jihad: expansion et déclin de l’islamisme, publié en 2000, retrace l’évolution des mouvements djihadistes à l’échelle internationale. Ce travail a été largement discuté après les attentats du 11 septembre 2001. Plus tard, Quatre-vingt-treize (2012) examine la place de l’islam dans la société française à travers le prisme de la banlieue de Seine-Saint-Denis.

Les thèses controversées et les débats publics

Gilles Kepel a suscité de vifs débats, notamment après la publication de Terreur dans l’Hexagone en 2015, où il lie montée du djihadisme et fractures sociales en France. Certains chercheurs lui reprochent une approche trop centrée sur la dimension idéologique au détriment des facteurs socio-économiques. D’autres estiment qu’il a contribué à politiser excessivement le débat sur l’islam. Ses analyses sur la radicalisation ont été discutées par des sociologues comme Farhad Khosrokhavar et des politologues comme Olivier Roy, qui défendent des grilles de lecture différentes. Ces échanges ont néanmoins enrichi le champ d’étude de la radicalisation en France. Les éléments biographiques et factuels sont rassemblés sur ‪Gilles KEPEL‬ – ‪Google Scholar‬

L’influence durable sur les études du monde arabe contemporain

Le programme Moyen-Orient et Méditerranée qu’il a fondé à Sciences Po a formé de nombreux spécialistes aujourd’hui actifs dans la diplomatie, le journalisme et la recherche. Ses ouvrages sont régulièrement cités dans les débats publics sur la laïcité, l’intégration et la politique étrangère française. Son concept de « fracture » entre populations d’origine immigrée et société française a influencé les politiques publiques de prévention de la radicalisation après 2015. Gilles Kepel reste une voix incontournée, même contestée, dans les discussions sur l’islam en Europe. Son dernier ouvrage, Le Prophète et la pandémie (2021), analyse les réponses des mouvements islamistes face à la crise sanitaire mondiale.

Frequently Asked Questions

Qui est Gilles Kepel et quel est son domaine de recherche?

Gilles Kepel est un politologue et arabisant français spécialisé dans l’étude de l’islamisme politique et des mouvements radicaux dans le monde arabe. Il a dirigé le programme Moyen-Orient et Méditerranée à Sciences Po Paris et a publié de nombreux ouvrages de référence sur le sujet.

Quel livre de Gilles Kepel est considéré comme une référence?

Jihad: expansion et déclin de l’islamisme, publié en 2000, est souvent cité comme l’un de ses ouvrages les plus influents. Il retrace l’évolution des mouvements djihadistes à l’échelle internationale et a été largement discuté après les attentats du 11 septembre 2001.

Pourquoi les travaux de Gilles Kepel sont-ils parfois critiqués?

Certains chercheurs estiment que son approche accorde trop de poids à la dimension idéologique de la radicalisation, au détriment des facteurs socio-économiques. Des sociologues comme Farhad Khosrokhavar et des politologues comme Olivier Roy défendent des interprétations différentes de ses thèses.

Quel rôle a joué Gilles Kepel à Sciences Po?

Il a fondé en 2001 le programme Moyen-Orient et Méditerranée à Sciences Po Paris, qui propose un cursus de master dédié à l’étude du monde arabe et musulman. Ce programme a formé de nombreux diplomates, journalistes et chercheurs spécialisés dans la région.

Quel est le dernier ouvrage publié par Gilles Kepel?

Le Prophète et la pandémie, paru en 2021, examine les réponses des mouvements islamistes face à la crise sanitaire mondiale. L’ouvrage analyse également l’impact du confinement sur les dynamiques religieuses et politiques dans plusieurs pays du Moyen-Orient.